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Retour sur la conférence sur l’engagement de la société civile turque dans la reconnaissance du génocide arménien

Retour sur la conférence sur l’engagement de la société civile turque dans la reconnaissance du génocide arménien

 

La conférence du 20 janvier 2017 sur l’engagement de la société civile turque dans la reconnaissance du génocide arménien a été un succès. En effet, la salle était comble, avec 300 participants, et les débats ont été très enrichissants.

J’ai introduit le colloque en rappelant que la reconnaissance du génocide arménien a progressé dans le monde. Cependant, il reste le plus important et surtout le plus difficile, la reconnaissance par la Turquie elle-même. Il est donc essentiel de maintenir cette pression internationale mais également soutenir ceux qui militent tous les jours en Turquie, dans le contexte actuel que nous connaissons, pour la reconnaissance. C’est pourquoi en tant que Président du Groupe d’Amitié France-Arménie du Sénat, j’ai organisé cette conférence.

Le premier intervenant a avoir pris la parole est Cengiz Aktar, politologue et économiste, il a également écrit L’appel au Pardon, des Turcs s’adressent aux Arméniens. Il a notamment expliqué que ce n’est pas l’État qui a initié le travail de mémoire du génocide de 1915 mais la société civile turque. Ainsi, depuis une dizaine d’années, notamment grâce à Hrant Dink, le débat sur la reconnaissance a été porté publiquement. Il souligne que c’est une avancée fragile, mise à mal par l’environnement actuel où il n’existe pratiquement plus de liberté de parole.

Le deuxième intervenant est Ahmet Insel, économiste et politologue, il est également l’un des quatre intellectuels turcs initiateurs de la pétition d’excuses aux Arméniens. Il a notamment précisé que la question arménienne et la reconnaissance du génocide arménien faisait partie intégrante du processus de démocratisation turc. Il indique néanmoins que les militants pour la reconnaissance sont peu nombreux mais, jusqu’à récemment au moins, avec un droit de parole et la possibilité d’organiser des colloques ou des conférences, malgré un recul depuis la tentative de coup d’État et le durcissement de la politique d’Erdogan.

Ayse Gunaysu, militante turque des droits de l’homme, a pointé les difficultés que rencontrent aujourd’hui les militants des droits de l’homme en Turquie, notamment ces derniers mois. Elle insiste tout de même sur le fait qu’il faut continuer le combat car c’est un devoir moral.

Le dernier intervenant était Garo Paylan, député turc d’origine arménienne du Parti Démocratique du peuple (HDP). Il a tenu à lancer un message fort pour que les personnes en Turquie, mais également dans le monde, continuent de soutenir les militants oeuvrant pour la reconnaissance du génocide arménien.

Un compte-rendu intégral de la conférence sera bientôt disponible. Si vous souhaitez le recevoir, n’hésitez-pas à envoyer un email, avec vos coordonnées, à Cécile Poissy : c.poissy@clb.senat.fr

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