
Le projet voulu par le Président de la République sur le travail dominical revient à l'Assemblée Nationale dans une quatrième version.
En effet, ce projet, contesté jusque dans les rangs de la Majorité, avait été ajourné en décembre dernier, faute d'être soutenu par un nombre suffisant de parlementaires UMP.
Ce texte, qui ouvre la porte à une véritable généralisation du travail le dimanche, continue de susciter la polémique à Gauche comme à Droite.
Les "pseudos limites" posées par la restriction du travail dominical aux zones touristiques ne convaincront personne sur les intentions d'un Gouvernement qui ne cesse chaque jour de démanteler davantage le code du travail. En effet, sous la pression des zones commerciales, la Majorité des maires revendiquera à terme ce nouveau statut.
Les personnes travaillant au sein de ces "zones touristiques", où le travail le dimanche sera désormais applicable toute l'année, n'auront pas de complément de salaire, ni de repos compensateur supplémentaire. En outre, il n'est pas non plus requis qu'elles travaillent sur la base du volontariat.
Pour que le travail dominical s'applique dans le Commerce, un accord collectif ou un référundum auprès du personnel concerné sera nécessaire... Là encore, les risques de pressions ou de "chantage à l'Emploi" qui planent sur un tel préalable, ne laissent personne dupe sur ce type de "garde-fous".
Idem pour ce qui est de la protection des demandeurs d'emploi. Le refus de travailler le dimanche ne pourra constituer un motif de radiation, mais le fait d'accepter de travailler le dimanche pourrait rapidement devenir un critère décisif à l'embauche, rendant le retour à l'emploi encore plus complexe pour un grand nombre de chômeurs.
Le problème posé par la garde des enfants, notamment au sein des familles monoparentales, illustre bien l'impossibilité pour de nombreux actifs ou demandeurs d'emploi de se plier à cette nouvelle obligation professionnelle.
Au delà de cette nouvelle précarisation du monde du travail, cette réforme est un véritable choix de société.
C'est d'ailleurs la conclusion à laquelle était arrivée le Conseil économique et social en 2007, lorsque, après avoir été saisi par Dominique De Villepin, il avait rendu un avis négatif sur l'ouverture dominicale des commerces.
Faut-il consacrer son temps libre à la seule consommation ? Le travail dominical fait peser une menace réelle sur la vie familiale, sportive, culturelle et associative. Dans la France de Monsieur Sarkozy, le consommateur prévaut sur le citoyen.
Il y a plusieurs mois, Monsieur Sarkozy avait promis aux Francais une véritable "politique de civilisation"... Comme l'a habilement dit Alain Vidalies, Député et Secrétaire national chargé du Travail et de l'Emploi au Parti Socialiste, ce sera la "Civilisation du Caddie" !!