Depuis 4 ans, au Darfour, à l’ouest du Soudan, se déroule un véritable génocide : 300 000 morts, 3 millions de déplacés, soit la moitié de la population de la région, 500 000 personnes dépendant de l’aide humanitaire internationale.
Comment en est-on arrivé là ? Le Darfour s’est senti lésé par l’accord de paix qui a mis fin à 20 années de guerre (qui ont fait 2 millions de morts) entre le Nord et le Sud du Soudan. Persuadé que seules les armes permettent une répartition équitable des richesses du Soudan, une rébellion a éclaté en février 2006, déclenchant le génocide se déroulant aujourd’hui.
Les janjawids, miliciens islamistes à cheval, armés de kalachnikovs et soutenus par des bombardements aériens de l’armée soudanaise, mènent des raids sur les populations agricoles noires, recourant notamment au viol systématique.
Plusieurs résolutions ont été votées à l’ONU, le Soudan a signé plusieurs accords, mais aucun n’a jamais été respecté. Il devrait y avoir 17 000 casques bleus et 3 000 policiers au Darfour, mais le Soudan invoque la souveraineté nationale pour refuser leur intervention. Pendant ce temps-là, les populations civiles du Darfour continuent d’être massacrées.
Mardi 20 mars, se tenait à Paris une grande mobilisation organisée par le collectif Urgence Darfour, à laquelle participaient notamment le Président de la République et les principaux candidats à l’élection présidentielle.
Jusqu’à présent, la position de la France est restée extrêmement discrète. L’actuel ministre des Affaires étrangères, M. Douste-Blazy, fut d’ailleurs très attaqué sur « l’inaction de la France », alors que la Grande-Bretagne a déjà brandi la menace de sanctions et les Etats-Unis ont souhaité une nouvelle résolution.
Ségolène Royal, présente mardi soir, a proposé de faire pression sur la Chine, partenaire économique privilégiée du Soudan et opposée à toute intervention militaire de l’ONU, en menaçant de boycotter les Jeux olympiques de Pékin (2008).
Il est grand temps que la France s’engage concrètement pour faire cesser ces massacres. Voila pourquoi je soutiens le collectif Urgence Darfour. J’ai signé leur pétition. Je vous invite à en faire de même en cliquant ici.

Il faut absolument changer enfin les rapports de la France et de l'Afrique : nous avons le devoir d'intervenir pour que ce crime cesse, il n'est plus question de soutenir ou d'être complaisant avec des régimes et des chefs d'Etat massacreurs.
Enfin, il faut que nous, les populations aisées occidentales, nous agissions, c'est une exigence de solidarité internationale. La campagne électorale française ne doit évidemment pas signifier le repli sur soi mais au contraire être l'occasion de porter haut et fort notre parole de solidarité envers l'Afrique.
Nath en colère
Rédigé par : Nath | jeudi 22 mar 2007 à 22h39