Vidéo surveillance : Coûts prohibitifs, résultats peu convaincants
Alors que le Gouvernement et l'UMP veulent considérablement développer le recours à la vidéo surveillance dans notre pays, de nombreuses études démontrent l’inefficacité de cet outil, pourtant fort onéreux pour les collectivités qui y ont recourt.
La vidéo surveillance : un système peu dissuasif
Il y a un an, la respectable institution qu’est Scotland Yard estimait, dans un rapport rendu public, que le système de vidéo surveillance mis en place à Londres, le plus étendu au monde, était « un échec complet » ! Les délits seraient très rarement résolus à l'aide des caméras de surveillance et leurs effets préventifs faibles. La vidéo surveillance ne réduirait pas la criminalité, mais la déplacerait plutôt vers des zones non surveillées.
En 2005, le Département de la Justice des Etats-Unis avait déjà rendu un avis similaire sur le recours à la vidéosurveillance : Ces systèmes n’ont peu ou pas d’influence sur la délinquance ou la criminalité.
L’ensemble de ces rapports a conclu qu’il serait beaucoup plus efficace et rentable d’utiliser les sommes investis dans l’installation et l’entretien de ces réseaux de vidéo surveillance à l’embauche d’agents de police patrouillant dans les rues…
Une suggestion qui gagnerait à être entendue par le nouveau ministre de l’Intérieur puisque la majorité des commissariats français ont vu leurs effectifs fondre depuis 2002 et qu'on annonce 5 000 nouvelles suppressions de postes en 2009.
L’Etat poursuit en effet sa politique de désengagement tout en cherchant à inciter les collectivités territoriales à se doter de ce type de système (Michèle Alliot Marie annonçait en 2007 son intention de tripler le nombre de caméra de vidéosurveillance à la fin 2009) pour compenser la baisse des effectifs de Police…
Le programme de l’UMP en terme de Sécurité pourrait se résumer ainsi : Moins de policiers à la charge de l’Etat et plus de vidéosurveillance à la charge des Collectivités !
Les résultats en terme de lutte contre la délinquance et la criminalité s’en ressentent déjà. Les seuls "bénéficiaires" de cette politique semblent être les fabricants de système de vidéo surveillance qui voient aujourd'hui leur puissant lobbying auprès de l'Etat porter ses fruits.
Un coût prohibitif
Au-delà de l’absence de résultats pertinents pour ce type d’installation, on peut aussi en dénoncer le coût prohibitif : plusieurs centaines de milliers d’euros pour équiper en vidéo surveillance une commune comme Clamart (1 200 000 € pour 100 caméras qui surveilleraient uniquement les grands axes), ainsi que le montant des frais engagés pour l’entretien et le fonctionnement du réseau (plusieurs dizaines de milliers d’euros) chaque année.
Sans partie pris idéologique, on constate donc aisément le faible intérêt que représente le recours à la vidéosurveillance que l'opposition municipale UMP réclame pourtant à corps et à cris dans notre commune.


